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Albertine : La joie malgré tout

22 juillet 2007 cep.le.mans

1.UNE ENFANCE DIFFICILE…A CROIRE Je suis née en 1912 soit 2 ans avant la guerre de 14-18. J’ai été abandonnée par ma mère ? 7 jours et me suis donc retrouvée ? l’Assistance Publique de Paris. J’ai été placée en nourrice chez une garde barrière de 7 mois ? 2 ans dans l’Orne. A 2 ans, je ne marchais pas, ne savais pas tenir un couvert…C’est tout dire sur l’attention que j’ai reçue… J’ai donc été retirée de chez cette dame car elle ne s’occupait pas bien de moi. J’ai ensuite été placée chez une veuve dont le mari était mort après 3 mois de guerre. Je suis restée 8 ans chez cette dame chez qui j’étais heureuse. Elle avait 2 enfants et me considérait comme sa fille; j’ai pu l’appeler « maman ». Mais pour mon malheur, elle a fait la rencontre d’un monsieur veuf avec 2 enfants, avec qui elle s’est remariée. Il y avait alors 5 enfants ? la maison : j’ai été de trop …

J’ai donc dû changer de famille d’accueil. Je me suis retrouvée chez une autre femme ? 10 ans. Elle était méchante. J’ai beaucoup pleuré chez elle car la vie était très dure : elle avait 3 vaches, et je devais les curer et faire quelques bottes de foin avant de partir ? l’école. Pour mon repas, je n’avais que 2 tartines de saindoux que je mangeais le long de la route pour l’école (4km). Il était déj? 11 heures quand j’arrivais ? l’école et celle-ci finissait ? 11 heures 30… Pour le repas de midi, j’allais chez les religieuses qui me donnaient 2 rations de soupe, car j’étais affamée. L’après-midi, je retournais ? l’école pour faire des travaux manuels (couture, dessin…). A 16h je rentrais ? la maison, et en fonction de la saison, je devais encore faire des travaux : je gardais souvent les vaches. Parfois je me nourrissais du lait des bêtes grâce ? une petite boite ? sardines toute rouillée trouvée dans le fossé…

A 14 ans, mon difficile périple n’était pas encore fini : Je suis ensuite restée 1 an chez un maire où j’ai assurée la fonction de bonne : je faisais le ménage mais m’occupais aussi des animaux de la ferme. Ce couple était particulier : La femme du maire était guérisseuse pour les gens mais aussi pour les animaux. C’était la « patronne ». Le patron (le maire) lui, avait une maîtresse. Pendant cette période, j’ai eu les yeux malades : une conjonctivite mais mes patrons y étaient indifférents. Un jour aussi, alors que la patronne était partie, je devais faire la lessive. Je remarquai qu’il manquait un tube nécessaire au bon fonctionnement de la lessiveuse. Je supposai que c’était leur petit garçon qui l’avait pris pour s’amuser : j’en fis part au patron. A cette remarque, celui ci m’attrapa et me frappa : je fus projetée contre la porte vitrée et fus blessée ? la main. Le patron a mis alors de la teinture d’iode et m’enferma dans ma pièce ! Sous le choc, je me suis enfuie par la fenêtre (pendant qu’ils faisaient le blé) et j’ai marché 10 km pour aller voir le directeur de l’Assistance Publique qui me demanda de raconter mon histoire. Il m’a emmené de suite chez le docteur et le lendemain : il s’est rendu chez le patron pour s’expliquer. C’est ainsi que je suis revenue une dernière semaine chez ces gens mais sans y travailler. Le directeur de l’assistance publique m’envoya en séjour ? l’hôpital de l’assistance publique ? Paris et chaque jour une infirmière me conduisait ? l’Hôtel Dieu (Paris) pour me faire soigner les yeux. J’y suis restée 4 mois. L? , certaines personnes me traitaient de « campagnarde » car je ne savait pas très bien parler et j’avais un accent marqué. A l’issue des 4 mois, l’hôpital était prêt ? me garder pour que j’y travaille mais comme les jeunes filles se moquaient de moi, j’ai décliné la proposition et suis repartie pour la campagne.

A 16 ans, j’ai eu de nouveaux patrons, gentils, ? Moulins-la-Marche dans l’Orne. La femme était malade, ils avaient 3 vaches et j’allais aux champs avec lui. J’y suis restée 1 an seulement.

J’ai ensuite été placé chez d’autres patrons très gentils, ? Bonnefoix. La dame avait une jeune soeur qui se mariait, alors il manquait des filles d’honneur. J’allais au mariage mais je ne savais pas danser. J’étais assise, et un jeune homme -Gustave- est venu me chercher pour m’apprendre ? danser. Je lui ai plu et ainsi il a souhaité venir me voir chez mes patrons. Mais je n’avais que 17 ans ? l’époque et je devais avoir le consentement de l’Assistance Publique (A.P.). Ma patronne me trouvait encore bien jeune pour fréquenter ce jeune homme. Comme j’avais donné mon adresse, je recevais de belles cartes ou lettres d’amour de Gustave, et je lui répondais toujours : « je suis trop jeune ». Ce que je savais pas, c’est qu’en réalité, il ne savait ni lire ni écrire ! Il demandait ? sa patronne chez qui il travaillait d’écrire ses lettres ? sa place. Sa patronne était aussi sa maîtresse… Ma patronne, voyant ses belles lettres d’amour, m’a conseillé de lui accorder une visite tous les quinze jours. Le directeur de l’A.P. a alors cherché des renseignements sur Gustave, mais en questionnant sa patronne… Comme celle-ci était bien contente de s’en débarrasser, elle n’en a dit que du bien, le directeur a donc accepté que je fréquente Gustave mais avec de lourdes recommandations : « surtout pas de relations, car si tu as un enfant, il sera abandonné comme toi et tu ne le reverras pas ! ».
Gustave est devenu mon mari alors que j’avais 20 ans mais je ne connaissais pas encore ses mensonges.

2. MA VIE DE FEMME

Mon mari ne savait ni lire ni écrire, il n’avait pas d’argent, il n’y avait que l’argent des pupilles dont je bénéficiais. Il n’était pas de bonne famille. Mais j’étais ignorante de ces faits et fus charmée. Après notre mariage, nous avons travaillé chez les jeunes mariés (ceux pour les quels j’étais jeune fille d’honneur) et étions logés chez eux. Ils avaient 5 vaches. J’ai ensuite trouvé une maison ? louer, et j’ai aussi pu m’acheter des meubles dans une brocante. Mais mon mari a voulu quitter la ferme pour travailler ? son compte : il taillait les haies, arrachait des souches et les sciaient. Je devais aller avec lui…Ensuite, il a trouvé un copain qui avait une entreprise dans une forêt près d’Alençon. Il m’a fait vendre mes meubles et avons habité chez le copain. Moi je faisais des stères de bois. Puis nous avons perdu notre travail et retrouvé un autre dans un château près d’Alençon pour 6 mois, puis dans une ferme pendant 1 an. Enfin, nous avons pu louer une maison ? St-Escolas. Je me suis trouvée enceinte mais je continuais ? travailler… Enceinte de 8 mois, j’ai dû aller aider le voisin dont la femme était très malade : je devais traire les 3 vaches et faire le ménage. C’est dans cette période que mon mari m’annonça qu’il devait aller ? un enterrement… alors que je ne connaissais personne décédé récemment. A la fin de ma journée de travail chez le voisin, j’ai voulu rentrer chez moi, mais ce fût impossible : la clé était sur la porte ? l’intérieur. J’ai alors regardé par la fenêtre et j’ai vu … mon mari au lit avec une femme. J’ai demandé ? la femme « que faites-vous chez moi? » , et elle m’a répondu « c’est votre mari qui est venu me chercher! ». Alors je suis partie chez mes anciens patrons, car j’étais très malheureuse. Mais il est venu me chercher en me menaçant « si tu ne reviens pas, je te tue! ». Je suis donc revenue. 3 ans après j’ai eu Serge (né en 1939) et la guerre est venue. Gustave a été mobilisé, mais est revenu rapidement car il était atteint de dyssentrie.

Une fois guéri, il s’est mis ? travailler dans une mutuelle agricole dans la SARTHE près du Ribay. Peu après son retour de la guerre une de ses nièces lui dit : « tu pourrais venir en Allemagne et gagner beaucoup d’argent ! ». Il m’obligea donc ? le suivre sans les enfants, et donc ? travailler pour les allemands ! Je serrais contre moi mes enfants et ne voulais pas m’en séparer. Mon mari me les a arrachés des bras : j’étais en larmes, effondrée. La mère de mon mari a gardé mon petit de 3 ans. L’aîné est parti en nourrice : il avait 6 ans… Heureusement, la nourrice était très gentille : j’ai même gardé contact avec elle jusqu’? sa mort. En Allemagne j’ai donc travaillé sous les bombes, sur la poudre. J’ai souvenir que les allemands étaient gentils mais il me fallait travailler tous les jours et ce pendant 2 ans. La rentrée en France fut difficile…Mon mari et moi étions très mal vus… L’ancien patron de la Mutuelle Agricole a même dit ? mon mari : « Gustave, pourquoi n’es tu pas resté ici ? travailler chez nous, pourquoi as tu emmené ta femme ? » Nous avons pu travailler dans une ferme ? Neuville pendant 1 an.
A cette période, une fille nous naquit. Nous avons ensuite trouvé une maison ? la Bazoge. Gustave a fini par trouver du travail ? son compte : il allait tuer les taupes pour vendre les peaux. Le mercredi, les enfants allaient avec leur père pour le voir attraper les taupes. Mais il renvoyait les enfants avant la fin de la journée et rentrait seul. C’est une femme du village que je connaissais qui m’a dit « votre mari renvoie les enfants pour pouvoir aller chez une femme » C’est ainsi que j’ai su que mon mari me trompait toujours…Il ne travaillait pas beaucoup… Au bout d’un certain temps heureusement, nous avons pu toucher quelques allocations, ce qui facilita un peu la vie de la famille…. Pour ma part, je gardais les poules et 2 vaches. Une vache a eu un veau, mais le fermier a volontairement mis un autre veau sous la mère pour que celle-ci refuse de le nourrir, ainsi j’ai été oblligée de traire la vache allaitante qui souffrait. Le fermier m’a surprise et a porté plainte contre moi pour « vol ». Mais au tribunal, il a perdu. Il nous a tout de même mis ? la porte… Nous sommes donc partis ? Souillé.
Mon fils ainé, Yves, avait honte du comportement de son père. Un jour qu’il apprenait le métier d’ajusteur ? St-Jamme, il me dit : « pourquoi ne le laisses-tu donc pas ? » Mon mari demanda le divorce en 1952. A 18 ans, Yves s’est engagé dans la marine. Comme le maire ne voulait surtout pas que Gustave signe son autorisation pour s’engager, c’est donc moi qui l’ai signé pour qu’il puisse partir. Quand Serge (le 2ème enfant) eu l’âge de quitter la maison, j’ai rencontré Mr Châtelain qui était veuf (c’était un collègue de Gustave). Cet homme, très stable, a travaillé 41 ans dans la même entreprise. J’ai moi même travaillé dans un restaurant puis dans une entreprise du nom de Ohmique. Je me suis mariée ? Mr Chatelain, j’avais 40 ans.

3. LA MALADIE

En 1968, j’ai eu une première opération sur la vésicule biliaire mais comme le chirurgien m’avait mal opéré il en fallut une seconde pendant laquelle je suis tombée dans le coma durant 6 heures. Mais j’entendais tout. Ils m’ont fait une piqure de morphine et je suis enfin revenue ? moi.Le diagnostic était que je devais mourir, mais je ne suis pas morte. Je suis restée très longtemps allongée. Mon mari m’a soigné. Le médecin ne pouvait rien faire de plus. Quelqu’un connaissait une personne qui pouvait m’aider. On lui a donné une photo de moi. Cette personne a dit que je devais boire au moins 3 litres d’eau par jour. J’ai fait aussi une éventration suite ? l’opération. Je suis donc ? nouveau tombée dans le coma mais pas trop longtemps. J’ai pu rentrer chez moi ? Noël.

Lors de sa mise ? la retraite, son mari est devenu dépressif. Il voulait déménager : nous sommes donc partis en HLM, puis nous sommes venus ? la cité des pins pendant 3-4 ans, puis il a voulu aller vers sa fille ? Lannion.

4. LA RENCONTRE

Dans le voisinage de notre maison ? Lannion se trouvait une femme seule. Mon mari me proposa d’aller la rencontrer : ce que je fis une ou deux fois. C’est alors que nous avons parlé religion. J’étais catholique mais ne pratiquais pas. La dame, une russe, était protestante et possédais une Bible. Elle me proposa : « Vous savez, si vous voulez, le pasteur peut venir chez moi pour discuter avec nous ». Le pasteur est venu, il souhaitait voir aussi son mari. Yannick mon petit fils connaissait la Bible et était venu avec moi. Le pasteur m’a donné l’Evangile de Jean : je me suis convertie avec cet évangile : j’avais 67 ans. Grâce ? ma conversion, ma vie a complètement changé. J’étais enfin en paix, heureuse. Pourtant les épreuves n’étaient pas terminées…
Un jour, mon mari s’est pendu. Il avait déj? fait 3 tentatives : la dernière fut la bonne… J’en ai voulu ? Dieu : « pourquoi as tu pris mon mari ? » Dans l’évangile de Jean, j’ai trouvé la vérité, les protestants se sont beaucoup occupés de moi pendant cette période, ils m’ont aussi donné une Bible. Je mangeais régulièrement chez le pasteur et nous priions ensemble.

Ce qui m’a beaucoup touché ce sont des chants comme : –Attaché ? la croix pour moi,Quel ami fidèle et tendre,Vers toi monte notre hommage.

5. LE RETOUR AU MANS

Mon gendre était chef magasinier mais le garage dans lequel il travaillait fit faillite. Mes enfants m’ont alors proposé de repartir au Mans avec eux. L? ils ont commencé ? travaillé dans un petit garage, avenue Bollée. J’ai pu avoir une place aux HLM ? Ronceray et mon pasteur a écrit ? Jeff, l’ancien pasteur de l’église du Centre Evangélique Protestant. Je lis ma Bible tous les jours, je prie pour toute l’église. « La misère a été grande mais Dieu m’a gardé« . Je suis vivante grâce ? Dieu. J’aime aider les gens, j’aurais voulu être infirmière. Mes enfants sont catholiques, mais ne sont pas opposés ? ma foi.

1 Commentaire Ajouter le vôtre

  • 1. David et Brigitte | 25 janvier 2008 à 13:36

    Super, merci Seigneur d’être allé chercher Albertine.

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